Atlas de la géomorphologie du trait de côte en Bretagne

L’Atlas de la géomorphologie du trait de côte répond à un double objectif :

  • établir un état des lieux des connaissances disponibles en matière d’érosion côtière et de submersion marine dans les trois départements étudiés ;
  • mettre en évidence les portions du littoral breton les plus menacées par ces deux aléas, notamment au vu du contexte d’élévation du niveau de la mer sous l’effet du changement climatique.

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Recul de la dune de la Grève Rose à Trégastel (22) pendant les tempêtes de Janvier 2014,
avant son enrochement en 2017 (BRGM)

1) Les Principaux Résultats :

Sur 2 929 km de linéaire total de côtes caractérisés (dont 397 km, soit 13,6 % du linéaire total de côtes, sont en érosion) :

  • 784 km de côtes artificielles, soit 26,8 % du linéaire total de côtes ;

  • 2 145 km de côtes naturelles, soit 73 % du linéaire total de côtes (dont 397 km, soit 18,5 % du linéaire de côtes naturelles, sont en érosion), dont :
    • 1 629 km de côtes à falaises, soit 55,6 % du linéaire total de côtes (dont 314 km, soit 19,3 % du linéaire de côtes à falaises, sont en érosion) ;
    • 516 km de côtes d’accumulation, soit 17,6 % du linéaire total de côtes (dont 83 km, soit 16,1 % du linéaire de côtes à accumulation, sont en érosion).

 

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Exemple de résultat sytnhétique sur la géomorphologie du trait de côte à l’échelle de la Bretagne

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Trois types de documents ont été produits :

  • 10 rapports de synthèse (9 concernant chacun un des compartiments numérotés de C1 à C9 et un autre regroupant les compartiments morbihannais C10 à C13), comportant de nombreuses cartes ;

  • 26 fiches décrivant chacune une tempête marquante ;

  • une base de données SIG (système d’information géographique) rassemblant l’ensemble des couches géographiques relatives à :

    • la géomorphologie du trait de côte (type de côte, géologie, altération de la roche, érosion), de l’avant-trait-de-côte et de l’arrière-trait-de-côte ;
    • les mouvements de terrain, cavités souterraines et autres observations ponctuelles ;
    • la dynamique passée du trait de côte sur les côtes d’accumulation ;
    • les dégâts causés par les tempêtes.

Les deux premiers types de documents sont téléchargeables sur la page internet du Service Prévention des Pollutions et des Risques (SPPR) de la DREAL Bretagne ; les données SIG sont diffusées sur GéoBretagne.

L’Atlas met notamment en évidence :

  • les caractéristiques physiques et hydrodynamiques de chaque compartiment ;

  • le degré de prédisposition des côtes à l’érosion côtière ;

  • un avant-trait-de-côte indiquant la nature de l’estran et un arrière-trait-de-côte, correspondant à la limite au-delà de laquelle le trait de côte ne pourra théoriquement pas reculer facilement ;

  • les zones les plus touchées par les submersions marines ;

  • les grandes tendances à l’œuvre en Bretagne :

2) L’atlas de la géomorphologie du trait de côte en Bretagne, méthode :

2 phases distinctes :

  • L’Atlas des aléas littoraux (érosion et submersion marine) des départements d’Ille-et-Vilaine, des Côtes-d’Armor et du Finistère est le fruit de conventions conclues entre la DREAL Bretagne et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) à partir de novembre 2011. L’Institut universitaire européen de la mer (IUEM) de Plouzané et l’Université de Bretagne occidentale (UBO) de Brest étaient également partenaires. L’étude a formellement pris fin en novembre 2016, mais la majeure partie du travail a été effectuée de 2012 à 2014.

Il convient de noter que le département du Morbihan a fait l’objet, de 2009 à 2015, d’une étude similaire spécifique sous maîtrise d’ouvrage de la direction départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) du Morbihan. La réalisation en était confiée aux bureaux d’étude DHI et GEOS-AEL.

  • L’extension de l’atlas au département du Morbihan a été réalisée de 2017 à 2020 par le BRGM pour le compte de la DREAL Bretagne par une troisième étude intitulée Caractérisation de la géomorphologie du trait de côte, vulnérabilité à l’érosion et inventaire des tempêtes dans le département du Morbihan (56). Ces travaux complémentaires avaient également pour objectif d’assurer une couverture homogène des données pour l’ensemble du littoral régional, et complément d’actualiser, pour l’ensemble des quatre départements bretons, les informations historiques concernant les dégâts causés par les tempêtes, dont celles particulièrement marquantes de l’hiver 2013-2014.

Principales étapes méthodologiques :
 

  • Segmentation du linéaire côtier régional en treize compartiments, numérotés de C1 à C13 (de la Baie du Mont-Saint-Michel à l’estuaire de la Vilaine, comme illustré ci-dessous), correspondant chacun à un secteur « homogène » en termes de fonctionnement hydrodynamique ;

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Segmentation du littoral breton en 13 compartiments

  • synthèse de la bibliographie disponible, complétée par des investigations de terrain ;
  • caractérisation du trait de côte (sur la base du trait de côte HISTOLITT du SHOM) en termes de nature (géologie, géomorphologie, artificialisation) et de comportement par rapport à l’érosion (traces d’érosion, altération des roches, présence de mouvements de terrain et de cavités souterraines…) ;
  • caractérisation de la cinématique passée (entre les années 1950 et les années 2010) des côtes d’accumulation (travaux réalisés dans le cadre de la thèse d’Emmanuel Blaise à l’UBO) ;

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Cinématique du trait de côte dans le secteur de Keremma (Treflez et Plounevez-Lochrist, 29) entre 1952 et 2009

  • recensement et géoréférencement des impacts de tempêtes à la côte (essentiellement des impacts directs, type érosion ou submersion, mais également des impacts indirects révélateurs de tempête, type naufrages, dommages liés au vent…).

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Submersion à Saint-Guénolé (Penmarc’h, 29) pendant le « raz de marée » du 08-09/01/1924 (Ouest Eclair)

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Dommage à la digue du Palais (Belle-Ile-en-Mer, 56) après la tempête du 07/02/1996 (Ouest France)

L’ensemble de la méthodologie est expliquée de manière détaillée dans les rapports consacrés aux différents compartiments.

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